vendredi 3 juillet 2009

Fès: Le Conseil de la ville dévoile ses priorités

A peine réélu, le Conseil de la ville de Fès prépare déjà la session du mois de juillet. Les élus enterrent ainsi la hache de guerre qui a duré le temps de la campagne et se mettent au travail. Ils présenteront leur plan d’action 2009-2015 avant les congés du mois d’août. Mais d’emblée, l’on sait que les décideurs optent pour des projets qui boosteront l’image de la ville.

«Nous allons programmer des projets avec des investissements conséquents (plusieurs milliards de DH) dont une grande partie sera affectée aux infrastructures et aux équipements publics», indique Hamid Chabat, maire de Fès. Et d’ajouter, «nous réaliserons des projets d’intérêt général visant le développement de la capitale culturelle». L’objectif étant de hisser l’image de cette ville du savoir, d’histoire et de culture au niveau d’une capitale mondiale de rayonnement international. Le Conseil va «continuer les projets de développement qui sont déjà lancés et qui concernent les secteurs économique, touristique, culturel, urbanistique et environnemental».


Pour le président du Conseil, ces projets visent en gros l’amélioration du cadre de vie des habitants. D’abord, la culture. Fès est sur le projet d’un grand complexe culturel. D’un investissement de près de 500 millions de DH, celui-ci s’étendra sur une superficie de 20 hectares. Ce terrain équipé a été offert à la ville gratuitement par le groupe Jamaii. Il abritera, outre une bibliothèque de 2 millions d’ouvrages, des salles de lecture, un mégarama, un opéra, une résidence d’artistes et une tour géante. «La tour sera couverte de plaques d’énergie solaire qui alimenteront l’ensemble des dépendances en électricité», indique l’architecte chargé de ce projet. Ce dernier ajoute que Fès est une ville qui se développe et mérite une infrastructure à son image. D’ailleurs, sur les installations ultramodernes, se greffera un style architectural arabo-mauresque. Il portera le nom de Grand complexe culturel Mohammed VI.

A noter que les responsables de la ville se penchent actuellement sur un autre projet d’envergure. C’est celui de l’extension de l’Université Sidi Mohamed Benabdellah. En effet, le campus universitaire de Dhar El Mehraz de Fès est devenu le champ d’affrontements idéologiques ayant un impact direct sur le fonctionnement des facultés et sur la vie estudiantine. De fait, les pouvoirs publics cherchent à le délocaliser. Ils prévoient un investissement de l’ordre de 690 millions de DH. Financé dans le cadre d’un partenariat entre l’Etat et plusieurs acteurs, ce projet, qui est en cours d’étude, ambitionne de créer une «Cité du savoir» (Madinat Al Maârifa). Il porte sur les facultés des Lettres, Droit et Sciences, situées à Dhar El Mehraz qui ont montré leurs limites (grèves multiples, affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, arrestations…). Ce projet souligne que l’espace actuel est le théâtre de tous les maux. Il est surpeuplé, car accueillant de grandes facultés à accès ouvert (plus de 32.000 étudiants) avec une forte pression. Il est également fragilisé par son infrastructure pédagogique et d’hébergement devenue vétuste. D’où l’urgence d’une décongestion du campus. In fine, l’Université devra atteindre une capacité de 100.000 étudiants. A côté de celle-ci, une Université euroméditerranéenne sera implantée à Fès. Ce projet a été approuvé, il y a quelques mois, par les ministres des Affaires étrangères de 43 pays. En attendant sa budgétisation, la ville accueille à bras ouverts la création d’une académie internationale de sport. Celle-ci sera annexée à l’Université méditerranéenne. A noter que le Conseil fait de la construction de salles de sports et des bibliothèques et médiathèque dans les différents arrondissements l’une de ses priorités. Priorités qui prévoient également la mise en œuvre du projet Fès Technovalley, et l’amélioration en continu des moyens de transport, de l’éclairage public, le ramassage des ordures, et les espaces verts.

D’autre part, Fès entre dans la phase finale de l’achèvement des travaux de mise à niveau urbaine. La réfection des routes, l’aménagement des espaces verts et l’éclairage public... sont prioritaires. Par ailleurs, le domaine de l’environnement ne sera pas négligé. Afin de créer un poumon pour la population, la commune a lancé l’aménagement d’un jardin botanique au quartier Oued Fès. Celui-ci sera doté de plusieurs plantations, arbres et cours d’eau. Un lac artificiel figure également au programme et sera aménagé à côté d’un parc d’oiseaux. La réalisation de ces deux projets nécessitera pas moins de 60 millions de DH. «A terme, nous allons construire un zoo qui pourra regrouper toutes les espèces animales», souligne un responsable du Conseil. Pour lui, «le projet de la plage de Fès devient une réalité». Après avoir réalisé les études y afférentes, le Conseil en étudie actuellement les plans. Mais l’on sait que le choix s’est porté sur celui offrant un projet exhaustif. Lequel prévoit 5 îlots qui représentent les cinq continents. Avec ses 130.000 m2 de surface aquatique, ladite plage sera dotée également d’un port (marina) pouvant accueillir les jet-skis et les petits bateaux.

La priorité est donnée également à la réalisation d’un système de télésurveillance dans la ville. Ce marché, relevant du service de l’éclairage public, a été adjugé le 4 juin. Ce projet prévoit d’équiper 260 sites de caméras de surveillance. Le budget alloué à cette opération est de l’ordre de 30 millions de DH. «Nous sommes déterminés à aider les services de la DGSN dans leur lutte contre la criminalité», a indiqué Chabat. Selon lui, les caméras numériques seront installées convenablement dans la ville tout en assurant une continuité visuelle. Elles permettront, outre une veille en permanence, une intervention préventive et répressive des forces de l’ordre dans les points névralgiques.

Recasement

Pour ce qui est de la lutte contre l’habitat insalubre et la réhabilitation de la médina, nombreux sont les projets prévus afin que Fès soit déclarée ville sans bidonvilles d’ici la fin de l’année en cours. En fait, le remplacement de l’habitat insalubre par le logement salubre se poursuit malgré des difficultés inhérentes au montage de certains projets. Le contrat ville sans bidonvilles est à mi-chemin: 92% de recasement à Aïn Smen (soit 2.133 ménages sur 2.319) et 37% de recasement et relogement à Dhar El Mehraz (soit 962 sur 2.615 ménages) où une nouvelle offre vient d’être proposée aux habitants. L’objectif est de finaliser ce contrat avant la fin de l’année 2009. Enfin, en médina, les programmes de réhabilitation coûteront pas moins de 2 milliards de DH. Le groupe Addoha y participe à hauteur de 180 millions de DH.

Youness SAAD ALAMI
L'Economiste